"L'art de la pensée négative" : Genesis Now
Ce film norvégien, diffusé ce soir en avant-première au Nouveau Latina, est un petit condensé d'impolitiquement correct. Geirr est handicapé par suite d'un accident, il s'est enfermé dans sa chambre et regarde Apocalypse Now en boucle, en fumant des joins ; sa femme décide d'inviter chez eux un groupe de thérapie par la "pensée positive" pour personnes handicapées. Mais c'est le désespoir et la révolte de Geirr qui vont bientôt prendre le dessus...
Un sujet grave, mais au final un film comique, parfois cruel, toujours humain, qui parvient à dénoncer les hypocrisies. Celles des proches, des soignants, et des handicapés eux-mêmes. Le film dénonce toute exploitation d'un handicap, physique ou psychologique, imaginaire ou réel.
Après s'être voilés la face, les personnages tombent le masques et la parole est libérée, c'est d'abord l'anarchie, la révolte, le chaos... Car il manque un lien, un chaînon, entre les proches des victimes, et les victimes elles-mêmes, un point commun qui leur permette de ressentir la même chose et de vivre enfin ensemble, sans mépris et sans rancune.
Si ce lien existe, alors c'est le rire, "pour ce que rire est le propre de l'homme", aurait dit Rabelais. Le rire ? C'est le révélateur de l'humanité, le lien universel. C'est la vraie thérapie du film.