"Valse avec Bachir" : attention, c'est un slow
Film d'animation documentaire et autobiographique, le pari relevé par Ari FOLMAN pour sa Valse avec Bachir est loin d'être évident. Quelques interviews, un peu de poésie, du Bach, du porno et des femmes en pleurs, le cocktail est explosif mais peine à dépasser le voyeurisme ou l'esthétisme. Trop systématique, trop autobiographique pour être universel, trop axé sur la mémoire pour permettre de mieux comprendre les faits historiques, le film reste toujours dans un entre-deux provocateur ou désespéré.
Le choix de l'animation, somme toute, ne s'impose pas. Elle imite avec virtuosité un excellent film traditionnel, mais sans se démarquer, par le montage ou la bande-son, de procédés classiques. Il y a bien sûr la distance par rapport au narrateur, mais les interviews historiques auraient plus de poids en images traditionnelles. La technique détourne du propos, séduit mais ne convainc pas.
Valse avec Bachir ? On peut aussi refuser l'invitation.