"Le Tueur" se fait la main
On avait déjà vu Gilbert MELKI apaisant, révolté, arriviste, mais on ne l'avait pas encore vu paranoïaque. Le pas est franchi dans ce premier film, malheureusement assez plat, qui tente de s'élever à l'universel, mais retombe régulièrement comme un albatros atrophié.
Cédric ANGER a écrit un intéressant scénario qu'un argument simpliste et convenu ne suffit pas à soutenir. C'est plus une oeuvre de cinéphile que de cinéaste. Il y a presque la musique du Mépris, presque la confrontation de Heat, presque le tueur de Chacal, presque la femme fatale de Voici le temps des assassins, presque le skater de Paranoïd Park... C'est vrai, c'est presque du cinéma : il y a Gilbert MELKI et Mélanie LAURENT. Mais il y aussi les reflets du steady-camer dans les vitres, et les gardes-barrières qui courent pour empêcher les badauds d'entrer dans le champ.
Au comble de l'action, un personnage visionne Shangaï Triad de ZHANG Yimou. Il est tué ; c'est malheureux, on serait bien resté avec lui pour voir un film, un vrai.