Le film aurait pu s'appeler "Des tueurs chez les Ch'tis". Entre film policier, comédie d'humour (très) noir, road movie, thriller,
"Bons Baisers de Bruges" envoûte et interroge, à la manière des frères Coen. Sous des allures de film de genre, le film pose les questions du meurtre, du suicide, de la conscience, du devoir.
Trois personnages prévisibles jusqu'à la caricature sont lancées dans les brumes de la cité médiévale, et de leur confrontation naissent des vérités imprévues...
Une expérience de laboratoire, inéluctable et sanglante, sous les aspects d'un divertissement. Ralph FIENNES, Colinn FARRELL et Brendan GLEESON sont au
sommet de leur art, allant même jusqu'à éclipser le rôle féminin, très conventionnel, de Clémence POESY. Des plans soignés, une musique très dense parfaitement intégrée à l'action... "Bons
baisers de Bruges" vaut le détour.
par Thomas Grascoeur
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Le premier long métrage de Justin CHADWICK, The Other Boleyn Girl, conte les amours d'Henry VIII avec Mary et (surtout) Anne BOLEYN. A part,
évidemment, le suspense (!), le principal mérite du film est de regrouper Scarlett JOHANSSON et Natalie PORTMAN pour les beaux yeux d'Eric BANA.
L'image est esthétique mais souvent saturée, la musique expressive mais omniprésente, les costumes symboliques (le vert... pour la jalousie peut-être),
fastueux, mais sans cesse arrachés. Pour la première partie, on dirait une adaptation d'un feuilleton Playboy par les studios Disney, le tout tourné dans un cloître de Harry POTTER avec l'héroïne
de Star Wars ; pour la seconde, c'est plutôt une version britannique de Angel, mais sans OZON ; pour la troisième, c'est à la fois Jeanne d'Arc, la chasse aux sorcières,
Marie-Antoinette, les fantômes des Fantômes de Goya qui ressurgissent...
L'ensemble est émouvant mais la vérité historique est aussi floue que certains plans, noyée dans un sentimentalisme un peu facile. La figure de Thomas
MORE disparaît totalement, alors qu'elle aurait ajouté un contraste historiquement vrai et profondément bouleversant. Il est vrai que Paul SCOFIELD, son interprète génial dans Un homme pour
l'éternité, de Fred ZINNEMANN, vient de mourir, et Charlton HESTON (son interprète au théâtre et à la télé) aussi... Et puis, dans un film glamour, Thomas MORE, c'est presque indécent.
Le film s'achève sur une image figée d'Elizabeth... Une invitation à voir la saga de Kate BLANCHETT ? Un peu cher pour une bande annonce.
par Thomas Grascoeur
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Avec It's a free World, Ken LOACH s'attaque aux agences de recrutement et à l'exploitation des travailleurs immigrés, avec ou sans
papiers. Une analyse sociale dans les banlieues londoniennes, à partir de témoignages véridiques. Exploitation des femmes par les hommes, des émigrés par les recruteurs, des recruteurs par leurs
financeurs. Comme dans Le vent se lève, Palme d'Or en 2006, la mise en scène est puissante et sobre, jusqu'à une sensation insoutenable d'oppression. Le 7e Art a son ZOLA, et il accuse.
par Thomas Grascoeur
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