On ne
peut pas résumer ce nouveau film de WONG Kar-Waï sans tomber dans la caricature. Entre bars, restaurants et casinos, My Blueberry Nights erre de solitude en solitude. C'est sur la
fin de l'amour, mais aussi sur sa naissance. Avec, entre deux, la métaphore du jeu, du coup de poker, du bluff et du mensonge comme prétextes à "un long périple ensemble"... Quoi d'étonnant alors
à ce que périple tourne court ?
My blueberry Nights se regarde comme un sitcom, mais son humanité est profonde. WONG Kar-Waï, comme d'habitude, multiplie les prises de vue
image-par-image à fort grammage, les lumières chaudes, les constrates de vert et de rouge, les premiers plans envahissants. C'est presque une formule, mais l'image est plutôt une
illustration du son et de la musique, qui reflètent la perception intime des personnages. Ce n'est pas la réalité, ce n'est même plus un film ; c'est autre chose. A goûter.