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  • : Envie de continuer à parler des films la séance finie ? Envie d'aller plus loin, de partager ses coups de coeur, ses déceptions, ses attentes... Films à l'affiche, sortie DVD, grands classiques... Vite, parlons de cinéma !
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Dimanche 2 décembre 2007

Souffle.jpg        Après Time, KIM Ki-Duk réalise un nouveau film sur la vie de couple, Souffle. Selon Albert CAMUS, si l'absurde pose la question du suicide, la révolte pose la question du meutre. Time, c'était la question de son identité au sein d'un couple, de sa place, de son image, c'était la quête ou la destruction de soi ; c'était la question du suicide. Souffle, c'est la place qu'on laisse ou non à l'autre et à sa famille, c'est la question du meurtre.
        Dans Time, l'héroïne, pour mettre à l'épreuve l'amour de son compagnon, recourait à la chirurgie esthétique, croyant ainsi renouveler leur amour. Mais ce jeu devenait une fuite en avant vers la perte de son identité et de ses repères ; l'amour devenait un jeu de cache-cache, qui sombrait dans la mort et la folie.
        Dans Souffle, une jeune mère de famille tombe amoureuse d'un condamné à mort , meurtrier de sa femme et de ses enfants. Entre la prison de son foyer et la prison d'état, se forme une idylle surréaliste oscillant du meurtre au suicide. Le meurtrier a tenté plusieurs fois de se donner la mort ; l'héroïne voudra l'étouffer dans ses étreintes, et ce sera finalement son compagnon de cellule, jaloux, qui l'étranglera dans son sommeil et pourra ainsi, seul, dormir à ses côtés. 
 L'héroïne de Souffle ne commettra pas de meutre ; elle apparaît libre sur les images finales. Elle partage cet apaisement avec sa fille, et son mari qui la rejoint. L'assassin de son amant, à l'opposé, demeure en prison. 
        Dans Time et dans Souffle, KIM Ki-Duk dénonce l'égoïsme de l'amour. Le temps perd son aspect linéaire, les pistes sont brouillées ; les choses arrivent, mais leur ordre est sans importance. Les personnalités aussi, d'ailleurs : tout pourrait arriver à n'importe qui, si les circonstances étaient différentes. 
        Seule constante, la présence des oeuvres d'art : le jardin des statues dans Time, les terres cuites dans Souffle. Et le silence.

par Thomas Grascoeur
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Dimanche 18 novembre 2007

  200705280013-01.jpg      
        Il y a des films qui mettent mal à l'aise. Secret Sunshine en est certainement un. En trois lignes, c'est l'histoire d'une jeune veuve dont le fils est pris en otage et abattu. Elle trouve une consolation à son désespoir dans une communauté évangélique et décide de pardonner à l'assassin de son fils. Mais celui-ci, en prison, lui déclare qu'il a trouvé la paix et que Dieu lui a pardonné. Comment Dieu a-t-il pu pardonner avant-elle ? Si on a tué, est-ce qu'il suffit seulement de demander pardon pour que tout soit effacé ? Elle sombre alors progressivement dans la folie. Folie dont elle ne sortira, et encore pas sans traumatismes, qu'après un séjour en hôpital psychiatrique.
        Réalisé avec la simplicité désarmante d'un documentaire, ce film surprend à chaque minute, parce qu'on ne sait jamais ce qu'il veut prouver. Et en fin de compte, il ne prouve rien. Il suit, entre les rayons de soleil, le destin d'une femme. Autour d'elle, il y a les parasites, le célibataire attardé qui la colle de trop près, les bonnes âmes finalement indifférentes, le pasteur impuissant... Elle est rejetée par toutes les communautés qu'elle rejoint (village, religion, famille, asile). Elle tente de communiquer sans y parvenir, que ce soit en aidant une voisine à décorer sa boutique, en participant à un karaoké, en rejoignant la communauté évangélique, ou en tentant de faire l'amour avec le pharmacien ; personne ne comprend ce qu'elle veut profondément exprimer. Et pire, chacun tente de se l'approprier, charnellement, spirituellement ou intellectuellement.
        C'est l'histoire d'une fidélité à soi-même, et d'une révolte, jusqu'à la folie. C'est, comme le révèle la dernière image du film, la recherche de la limpidité d'un rayon de soleil dans l'enclos secret d'une cour. 
        Filmé avec réalisme, poésie, humour et distance, quand le film s'arrête, la vie ne reprend pas, elle continue.

par Thomas Grascoeur
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