Le bruit des gens dans les
ruelles d'Avignon, autour des spectacles, des bars, des affiches... Une chronique du Festival et de son baisodrôme, écrite par Christophe HONORE, l'auteur des Chansons d'Amour. On suit
des comédiens, des metteurs en scène, leurs assistants, dans leurs interrogations artistiques et amoureuses. On l'a compris, le monde est un théâtre, et comme le soulignerait Olivier PY, si
le théâtre veut parler du monde, il ne parlera donc en réalité que du théâtre, se haussant ainsi au mode le plus élevé de représentation artistique, puisqu'il est symbole et présence réelle. En
effet, en littérature, une chaise est signifiée par un mot ; en peinture, elle est représentée par "un peu de boue colorée", et au théâtre, elle est figurée par une chaise réelle, confondant
ainsi signifiant et signifié, comme dans la vie.
Seulement, filmer des comédiens sous la pluie dans une piscine, en train de crier "mais nous sommes l'humanité, bordel", ne suffit peut-être pas
à illustrer cette théorie sublime. Ce n'est plus le théâtre qui symbolise le monde, mais l'humanité entière que le film tente de réduire à un groupe de comédiens. Une vision égocentrée de
l'univers et du festival, pas toujours juste, avec ses clichés bon enfant, du régisseur au grand coeur à l'assistant gay (Olivier PY bien sûr), qui s'achève dans l'eau sur un happy
end alcoolisé.
Certes, on entend le bruit des gens autour, mais on ne l'écoute pas. Beaucoup de bruit... Pour rien.
Le comptable Jean-Christophe Ranu (Daniel AUTEUIL) est renversé par la voiture du chanteur has-been Gilles Gabriel (Alain CHABAT) et
commence à entendre des voix...