C'est l'histoire de jeunes
étudiants londoniens qui sont en fait les "Anciens Rois" d'une contrée lointaine. Ils sont rappelés dans ce monde féérique où s'affrontent les Bons et les Méchants. Les Bons, ce sont
ceux qui sont jolis, tous blancs, qui ont des copains rigolos et des problèmes sentimentaux ; les Méchants, ce sont ceux qui n'aiment pas l'ordre établi par les bons, qui veulent le pouvoir
(alors que les bons veulent seulement guider leur peuple) et qui sont joués par des Arabes. Les Bons sortiront victorieux grâce à l'aide d'un lion (léviathan des forêts) ; les Méchants
finiront noyés par Neptune dans la Mer Rouge comme les Egyptiens (ou à peu près).
Evidemment, tout n'est pas si simple, il y a un parcours initiatique. Ainsi les Bons commencent par tuer les Méchants sans discernement. Les méchants
sont supérieurs en nombre ; c'est une mauvaise méthode. Les Bons apprennent alors, par la bouche d'une petite fille, qu'il faut tout attendre du lion et que de lui seul viendra la paix. Les Bons
essaient d'épargner les Méchants, mais c'est peine perdue, puisqu'un méchant qui a la vie sauve, est un méchant qui tue les bons. Les Bons accèdent ainsi au seuil suprême du savoir : ils ont
compris qu'il faut tuer les Méchants, mais en sachant que le lion est avec eux contre les Méchants. Ils peuvent alors, pleins d'usage et raison, retourner à Londres prendre le métro.
Le film vaut surtout pour ses scènes de batailles (un peu gênant pour un message qui prétend sortir du "Si vis pacem, para bellum") ; on
retrouve Star Wars, Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux, Croisades, même le vieux Prince Vaillant de HATHAWAY ou le Robin des Bois de
Richard THORPE.
Chaque Disney est une nouvelle combinaison des anciennes recettes. Un pot pourri, en quelque sorte. Comme sa morale.
par Thomas Grascoeur
2
recommander
L'humour de la série Y-a-t-il un pilote dans l'avion ? tente un nouvel envol qui peine une fois de plus à décoller. Des gags
parfois hilarants, parfois carrément scandaleux, un ton impolitiquement correct qui n'est qu'une nouvelle forme de conservatisme, le cinéma américain commercial s'autoparodie mais ne se détruit
pas. Charge à chacun de réveiller le super-héros qui est en lui ; c'est une fois de plus la morale de ce film, qui finalement, ne ridiculise que les costumes et l'esthétique des films de
super-héros. La morale, elle, demeure complaisante... Les images de marques aussi.
A part quelques plaisanteries inqualifiables, c'est plutôt bien fait, la musique est parfaitement satirique, le décor, la photo aussi ; il ne manquait plus
qu'un super scénariste, un super réalisateur, de super acteurs, de super techniciens, de super effets spéciaux... Tant pis, un super-nanar de plus...
par Thomas Grascoeur
2
recommander
Après avoir été la victime des singes dans
le film de Tim BURTON, Mark WAHLBERG tente maintenant d'échapper à d'inquiétants "phénomènes" pour M. Night Shymalan, le génial auteur du Sixième Sens. Une vague de suicide,
inexpliquée, angoissante, touche tous les groupes humains de l'est des Etats-Unis. Attaque terroriste ? Accident militaire ? Toxine ?
La mort, la nature et l'apaisement sont au coeur de l'oeuvre de M. Night Shymalan. Une fois de plus, le film est d'une simplicité déroutante.
Il débute comme une série B américaine (il y a même quelques micros dans le champs), propre, égal, faussement unifié, pour dériver petit à petit vers son univers fantastique et
faire exploser les certitudes. Jamais, cependant, son message n'avait été aussi pessimiste.
Du point de vue de l'histoire, on sait tout depuis le début, la réalisation ne cherche aucun suspense, et pourtant on atteint des sommets dans
l'angoisse. Pour mieux ressentir l'aberration de la conduite humaine.
La morale est un peu trop soulignée par les dialogues ; les images seules pourraient soutenir le mythe contemporain que nous conte le
film. On sort du cinéma d'abord séduit par la maîtrise, mais un peu déconcerté par ce nouveau message de science-fiction écologique... Et puis on voit le vent passer
dans les branches d'un arbre, et on se dit : mais en plus, il a raison.
par Thomas Grascoeur
1
recommander