Deux jours (et 45 minutes) à tuer

Publié le par Thomas Grascoeur

        "Je suis venu vous faire chier" ; la célèbre réplique de Michel BOUQUET dans les Côtelettes,  pourrait s'appliquer à la première partie du film de Jean BECKER, si ce n'est que Bertrand BLIER épargnait au moins les spectateurs. En réalité, à la manière de l'Etranger d'Albert Camus, cette première partie ne prendra tout son sens qu'au regard de la suite. Un créatif d'agence de publicité décide soudainement d'abandonner travail, femme, enfants, amis, après avoir été d'une sincérité cynique avec eux ("je ne t'ai jamais aimée", "toi le gros", "être nature à ce degré là, ça s'appelle de la connerie", etc.) Cette fuite en avant prendra la forme d'une quête du père et de la transmission. Dans le Bannissement et le Retour de ZVIAGUINTSEV, les personnages sont comme privés d'une parole commune ; ici, ils préfèrent s'entre-détruire que se reconnaître.
        En réponse au jeu très physique (souvent trop physique d'ailleurs) d'Albert DUPONTEL, Pierre VANECK et Marie-Josée CROZE apportent une finesse d'interprétation et une humanité spontanée qui permet à Deux jours à tuer de trouver un nouveau souffle et d'éviter de justesse la mièvrerie d'un mélo, pour "le temps qui reste"...

Publié dans France

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F
Merci pour ton passage, ce qui me permet de découvrir ton blog ciné, intéressant<br /> bonne journée<br /> françoise
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D
Bonjour Thomas, très bonne analyse de ce film que pour ma part je recommande. Pour Dupontel, pour Vaneck, pour l'Irlande et pour la chanson du générique de fin (par Reggiani). Dans la blogsphère, les critiques sont mitigées mais je suis frappée par les mauvaises critiques des critiques "officiels" des journaux qui n'épargnent pas ce film. Bonne journée.
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