Le réalisateur russe Sergeï BODROV a réalisé une
fresque épique à partir des récits légendaires de la vie de Gengis Khan et de sa femme. Mongol marche sur les traces de David LEAN pour son souffle lyrique, et de ZHANG Yimou
(particulièrement de Hero) pour ses scènes de combats et son symbolisme. HONGLEI Sun, un des deux acteurs principaux (tous deux remarquables), avait d'ailleurs joué le rôle du tout jeune
instituteur de The Road Home pour une des plus belles fables cinématographiques de ZHANG Yimou.
La photo est souvent splendide, mais recourt top souvent à des fontaines de sang (au choix, en ralenti ou en accéléré) quand elle n'arrive pas à
atteindre la virtuosité d'un Michael MANN ou d'un Terrence MALICK.
A l'amour et au sang vient s'ajouter une divinité, puisque le chef mongol, reclus dans la montagne, décide d'apporter des lois à son peuple (ne pas tuer ses
frères, payer ses dettes, obéir à son chef...) et de tuer tous ceux qui s'y opposeront, cette infraction temporaire à la loi trouvant sa récompense dans des lendemains meilleurs... que
le réalisateur se contentera de résumer en quelques lignes sur un fond de soleil levant. C'est un peu court pour un film aussi long. Identité d'un peuple, dictature, fanatisme...
Mongol s'achève sans que les idoles aient été brisées.