"La Fabrique des Sentiments" : un marivaudage sans amour

Publié le par Thomas Grascoeur

undefined        36 ans, non plutôt 37, célibataire, bientôt notaire, Eloïse veut des enfants, un mari, l'amour, un foyer, des habitudes. Elle s'inscrit à des séances de speed-dating pour trouver l'homme de sa vie. 
        Les personnages promènent leur solitude, égoïstes, immatures. Ils constatent un vide à leur existence et veulent le remplir, avec des enfants ou un mari, le plus rapidement possible. Alors que ce vide est existentiel. Le jeu est cruel, pour les autres comme pour soi, presque incoscient. Dans Marivaux, l'amour est mis à l'épreuve, mais il existe. Ici, l'amour n'existe plus ; il ne reste que sa propre solitude. On ne cherche plus à comprendre l'autre, on cherche à se satisfaire soi-même. Comment alors parler de bonheur ? C'est Le Bannissement sans espoir.
        La Fabrique des Sentiments, c'est une société sans amour vue au microscope, une société où les rendez-vous d'amour ont la forme d'entretien d'embauches, ou d'appels d'offre.

Publié dans France

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