A bout de "Souffle"

Publié le par Thomas Grascoeur

Souffle.jpg        Après Time, KIM Ki-Duk réalise un nouveau film sur la vie de couple, Souffle. Selon Albert CAMUS, si l'absurde pose la question du suicide, la révolte pose la question du meutre. Time, c'était la question de son identité au sein d'un couple, de sa place, de son image, c'était la quête ou la destruction de soi ; c'était la question du suicide. Souffle, c'est la place qu'on laisse ou non à l'autre et à sa famille, c'est la question du meurtre.
        Dans Time, l'héroïne, pour mettre à l'épreuve l'amour de son compagnon, recourait à la chirurgie esthétique, croyant ainsi renouveler leur amour. Mais ce jeu devenait une fuite en avant vers la perte de son identité et de ses repères ; l'amour devenait un jeu de cache-cache, qui sombrait dans la mort et la folie.
        Dans Souffle, une jeune mère de famille tombe amoureuse d'un condamné à mort , meurtrier de sa femme et de ses enfants. Entre la prison de son foyer et la prison d'état, se forme une idylle surréaliste oscillant du meurtre au suicide. Le meurtrier a tenté plusieurs fois de se donner la mort ; l'héroïne voudra l'étouffer dans ses étreintes, et ce sera finalement son compagnon de cellule, jaloux, qui l'étranglera dans son sommeil et pourra ainsi, seul, dormir à ses côtés. 
 L'héroïne de Souffle ne commettra pas de meutre ; elle apparaît libre sur les images finales. Elle partage cet apaisement avec sa fille, et son mari qui la rejoint. L'assassin de son amant, à l'opposé, demeure en prison. 
        Dans Time et dans Souffle, KIM Ki-Duk dénonce l'égoïsme de l'amour. Le temps perd son aspect linéaire, les pistes sont brouillées ; les choses arrivent, mais leur ordre est sans importance. Les personnalités aussi, d'ailleurs : tout pourrait arriver à n'importe qui, si les circonstances étaient différentes. 
        Seule constante, la présence des oeuvres d'art : le jardin des statues dans Time, les terres cuites dans Souffle. Et le silence.

Publié dans Corée

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