"Lions et agneaux"... Camarade, choisis ton camp !

Publié le par Thomas Grascoeur

Lions-et-Agneaux.jpg        Dans "Lions for Lambs", Robert REDFORD s'attaque à son tour à la guerre anti-terroriste et à la présence américaine en Afghanistan. En référence à une lettre d'un soldat allemand au sujet des britanniques durant la Première Guerre Mondiale, le film présente d'un côté les agneaux, les donneurs d'ordre, le président et les gouverneurs, à l'abri dans leurs bureaux ; de l'autre, les lions, les soldats qui meurent au champ d'honneur. Entre les deux, REDFORD ajoute les médias et l'Université.
        La dénonciation est simple : face aux menaces terroristes frappant la Nation américaine, le gouvernement (représenté par Tom CRUISE, pourquoi pas, c'est une fiction après tout...) lance des politiques de répression en Afghanistan, au détriment de la jeunesse américaine elle-même qui meurt au combat. Pour le faire accepter, il tend à manipuler l'opinion via les médias (Meryl STREEP qui n'est pas habillée en Prada cette fois-ci), eux-mêmes prisonniers de l'industrie et de l'audimat. Pendant ce temps, les soldats meurent sur le terrain (enfin en studio), mais ils meurent debout. 
        C'est là que Robert REDFORD lui-même intervient (il s'est fait professeur de sciences politiques pour l'occasion), en belle chemise de cow-boy, cicatrice au front à l'appui (rudement gagnée lors d'émeutes anti guerre du Vietnam il y a 40 ans), pour culpabiliser la jeunesse américaine. L'indifférence est inacceptable ; pour devenir adulte, il ne faut plus parler, il faut agir.      
        Un film bien bavard, et de réalisation bien fade, pour une telle conclusion. 

        Ce sont des vocations que REDFORD veut susciter ("mon talent, c'est de repérer les talents des autres", confie son personnage)... Mais lesquelles, au pays des lions et des agneaux ? Jamais REDFORD ne semble remettre en cause l'objet de la guerre elle-même ; tout ce qu'on voit de l'Afghanistan, ce sont les studios de la MGM. Tout ce qu'on entend sur le terrain, c'est : "On va les buter, ces salauds de Talibans". Si REDFORD s'improvise professeur de sciences politiques, Meryl STREEP promet, au début du film, un historique de la guerre en Afghanistan ; on l'attend toujours.

Publié dans Etats-Unis

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S
Bonjour,<br /> <br /> Ce film est assez ennuyeux, il est vrai. On était en droit d'espérer mieux de la part de Robert Redford.<br /> <br /> J'ai préféré les plus efficaces "Le Royaume" et "Détention secrète"(en attendant de voir "Battle for Haditha" et "Redacted").<br /> <br /> Amicalement,<br /> <br /> Shin.
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