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  • : critique cinema
  • : Envie de continuer à parler des films la séance finie ? Envie d'aller plus loin, de partager ses coups de coeur, ses déceptions, ses attentes... Films à l'affiche, sortie DVD, grands classiques... Vite, parlons de cinéma !
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Mercredi 19 décembre 2007

undefined        Benoît POELVOORDE, après Les Deux Mondes, retrouve le rôle de "l'homme comme tout le monde". S'il ne s'enfonce plus dans le sol en préparant du café, il vit encore des problèmes de couple et de reconnaissance au travail. Mais dans Cowboy, pas question de devenir "l'élu" d'une tribu imaginaire. 
        Journaliste raté, son personnage, Daniel PIRON tente de retrouver l'estime de soi en réalisant le documentaire du siècle : rassembler les protagonistes de la prise d'otage d'un bus scolaire, vingt ans après les faits, pour un voyage à travers la Belgique dans le bus historique. 
        Pour Daniel, c'est un sujet en or : union nationale, questions sociales, politiques, il y a de quoi réveiller l'opinion belge et la conscience citoyenne du peuple. (Le film lui-même est inspiré d'une prise d'otage réelle). Il y aura de l'émotion, du patriotisme, du militantisme ouvrier.
        Mais l'idéologie se heurte à la réalité, la révolte aux habitudes : sur le tournage, il ne se passe rien. Pas de conflits, pas d'émotion, rien. Daniel se heurte au dilemne du réalisateur polonais Krzysztof KIESLOWSKI, qui avait fini par abandonner le documentaire au profit de la fiction, car il est impossible de filmer la vie sans infléchir son déroulement même. 
        Cowboy est le récit amusé de cette quête, entre confort et absurde, qui culmine à la scène surréaliste de la plage, digne de Deux hommes et une armoire de Roman POLANSKI. La plage est au cinéma ce que le plateau est au théâtre : tout objet devient absolu. Les lignes tracées dans le sable sont les traits de craie de BRECHT. Et pourtant, la représentation échoue, parce que théorique.
        Les comédiens, Benoît POELVOORDE, Julie DEPARDIEU et Gilbert MELKI sont formidables, mais aussi tous les rôles secondaires jusqu'aux passants dans la rue. Une comédie réussie sur un documentaire raté.

par Thomas Grascoeur
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Jeudi 13 décembre 2007

I-m-not-there.jpg        I'm not there est une biographie de Bob DYLAN... sans Bob DYLAN. Le chanteur n'est présent que dans la bande son. En partant du postulat de Rimbaud "Je est un autre", Todd HAYNES décompose les facettes de la personnalité de Bob DYLAN en confiant leur interprétation à six comédiens différents... dont une femme (Kate BLANCHETT) et un enfant noir. 
        D'une biographie plate, Todd HAYNES arrive à sortir une réflexion sur la personnalité. A chaque personnage, il associe une atmosphère et un genre (drame psychologique, western, film noir, comédie musicale, documentaire...). On sent pointer derrière les grands modèles de la biographie : Laurence d'Arabie de David LEAN avec la moto, Klimt de Raoul RUIZ pour la déconstruction du récit. Les comédiens sont formidables, Kate BLANCHETT et Christian BALE en tête. Seuls bémols, des post-synchronisations un peu douteuses, et l'image, qui manque singulièrement... de personnalité !

par Thomas Grascoeur
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Lundi 3 décembre 2007

Il---tait-une-fois.jpg        Pour survivre aux attaques de Dreamworks, le dernier film des studios Disney (on ne parle même plus de réalisateurs...) décide à son tour de se moquer de l'univers kitch de l'oncle Walt. Par la surenchère.
        Il était une fois, comme au bon vieux temps, alterne séquences en dessin animé et prises de vues réelle. Avec la poésie en moins et la caricature en plus. Il était une fois, c'est bien fini. 
        Le film multiplie tellement les clins d'oeil aux succès qu'on est tenté de le regarder les yeux fermés ; Harry Potter, Harry Potter II, Harry Potter III, Harry Potter IV, Harry Potter V, Shrek, Shrek II, Shrek III , mais aussi Blanche Neige et les Sept Nains, La Mélodie du Bonheur, Cendrillon... Tout le répertoire y passe. Bambi, ça vous paraissait kitch ? Regardez Il était une fois, vous verrez, on peut faire pire !

par Thomas Grascoeur
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Dimanche 2 décembre 2007

Souffle.jpg        Après Time, KIM Ki-Duk réalise un nouveau film sur la vie de couple, Souffle. Selon Albert CAMUS, si l'absurde pose la question du suicide, la révolte pose la question du meutre. Time, c'était la question de son identité au sein d'un couple, de sa place, de son image, c'était la quête ou la destruction de soi ; c'était la question du suicide. Souffle, c'est la place qu'on laisse ou non à l'autre et à sa famille, c'est la question du meurtre.
        Dans Time, l'héroïne, pour mettre à l'épreuve l'amour de son compagnon, recourait à la chirurgie esthétique, croyant ainsi renouveler leur amour. Mais ce jeu devenait une fuite en avant vers la perte de son identité et de ses repères ; l'amour devenait un jeu de cache-cache, qui sombrait dans la mort et la folie.
        Dans Souffle, une jeune mère de famille tombe amoureuse d'un condamné à mort , meurtrier de sa femme et de ses enfants. Entre la prison de son foyer et la prison d'état, se forme une idylle surréaliste oscillant du meurtre au suicide. Le meurtrier a tenté plusieurs fois de se donner la mort ; l'héroïne voudra l'étouffer dans ses étreintes, et ce sera finalement son compagnon de cellule, jaloux, qui l'étranglera dans son sommeil et pourra ainsi, seul, dormir à ses côtés. 
 L'héroïne de Souffle ne commettra pas de meutre ; elle apparaît libre sur les images finales. Elle partage cet apaisement avec sa fille, et son mari qui la rejoint. L'assassin de son amant, à l'opposé, demeure en prison. 
        Dans Time et dans Souffle, KIM Ki-Duk dénonce l'égoïsme de l'amour. Le temps perd son aspect linéaire, les pistes sont brouillées ; les choses arrivent, mais leur ordre est sans importance. Les personnalités aussi, d'ailleurs : tout pourrait arriver à n'importe qui, si les circonstances étaient différentes. 
        Seule constante, la présence des oeuvres d'art : le jardin des statues dans Time, les terres cuites dans Souffle. Et le silence.

par Thomas Grascoeur
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