Samedi 12 juillet 2008
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Le bruit des gens dans les
ruelles d'Avignon, autour des spectacles, des bars, des affiches... Une chronique du Festival et de son baisodrôme, écrite par Christophe HONORE, l'auteur des Chansons d'Amour. On suit
des comédiens, des metteurs en scène, leurs assistants, dans leurs interrogations artistiques et amoureuses. On l'a compris, le monde est un théâtre, et comme le soulignerait Olivier PY, si
le théâtre veut parler du monde, il ne parlera donc en réalité que du théâtre, se haussant ainsi au mode le plus élevé de représentation artistique, puisqu'il est symbole et présence réelle. En
effet, en littérature, une chaise est signifiée par un mot ; en peinture, elle est représentée par "un peu de boue colorée", et au théâtre, elle est figurée par une chaise réelle, confondant
ainsi signifiant et signifié, comme dans la vie.
Seulement, filmer des comédiens sous la pluie dans une piscine, en train de crier "mais nous sommes l'humanité, bordel", ne suffit peut-être pas
à illustrer cette théorie sublime. Ce n'est plus le théâtre qui symbolise le monde, mais l'humanité entière que le film tente de réduire à un groupe de comédiens. Une vision égocentrée de
l'univers et du festival, pas toujours juste, avec ses clichés bon enfant, du régisseur au grand coeur à l'assistant gay (Olivier PY bien sûr), qui s'achève dans l'eau sur un happy
end alcoolisé.
Certes, on entend le bruit des gens autour, mais on ne l'écoute pas. Beaucoup de bruit... Pour rien.
Par Thomas Grascoeur
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Mardi 8 juillet 2008
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19:56
C'est l'histoire de jeunes
étudiants londoniens qui sont en fait les "Anciens Rois" d'une contrée lointaine. Ils sont rappelés dans ce monde féérique où s'affrontent les Bons et les Méchants. Les Bons, ce sont
ceux qui sont jolis, tous blancs, qui ont des copains rigolos et des problèmes sentimentaux ; les Méchants, ce sont ceux qui n'aiment pas l'ordre établi par les bons, qui veulent le pouvoir
(alors que les bons veulent seulement guider leur peuple) et qui sont joués par des Arabes. Les Bons sortiront victorieux grâce à l'aide d'un lion (léviathan des forêts) ; les Méchants
finiront noyés par Neptune dans la Mer Rouge comme les Egyptiens (ou à peu près).
Evidemment, tout n'est pas si simple, il y a un parcours initiatique. Ainsi les Bons commencent par tuer les Méchants sans discernement. Les méchants
sont supérieurs en nombre ; c'est une mauvaise méthode. Les Bons apprennent alors, par la bouche d'une petite fille, qu'il faut tout attendre du lion et que de lui seul viendra la paix. Les Bons
essaient d'épargner les Méchants, mais c'est peine perdue, puisqu'un méchant qui a la vie sauve, est un méchant qui tue les bons. Les Bons accèdent ainsi au seuil suprême du savoir : ils ont
compris qu'il faut tuer les Méchants, mais en sachant que le lion est avec eux contre les Méchants. Ils peuvent alors, pleins d'usage et raison, retourner à Londres prendre le métro.
Le film vaut surtout pour ses scènes de batailles (un peu gênant pour un message qui prétend sortir du "Si vis pacem, para bellum") ; on
retrouve Star Wars, Harry Potter, Le Seigneur des Anneaux, Croisades, même le vieux Prince Vaillant de HATHAWAY ou le Robin des Bois de
Richard THORPE.
Chaque Disney est une nouvelle combinaison des anciennes recettes. Un pot pourri, en quelque sorte. Comme sa morale.
Par Thomas Grascoeur
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Lundi 7 juillet 2008
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22:04
Film d'animation documentaire et
autobiographique, le pari relevé par Ari FOLMAN pour sa Valse avec Bachir est loin d'être évident. Quelques interviews, un peu de poésie, du Bach, du porno et des femmes en pleurs, le
cocktail est explosif mais peine à dépasser le voyeurisme ou l'esthétisme. Trop systématique, trop autobiographique pour être universel, trop axé sur la mémoire pour permettre de mieux
comprendre les faits historiques, le film reste toujours dans un entre-deux provocateur ou désespéré.
Le choix de l'animation, somme toute, ne s'impose pas. Elle imite avec virtuosité un excellent film traditionnel, mais sans se démarquer, par le montage
ou la bande-son, de procédés classiques. Il y a bien sûr la distance par rapport au narrateur, mais les interviews historiques auraient plus de poids en images traditionnelles. La technique
détourne du propos, séduit mais ne convainc pas.
Valse avec Bachir ? On peut aussi refuser l'invitation.
Par Thomas Grascoeur
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Mercredi 2 juillet 2008
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00:12
Deux hommes seuls dans Paris, un excellent point de départ ; quelques bons gags, des stars en cameo, une morale anti-raciste... C'est déjà bien...
Manquent de vrais personages, identifiables, qui ne seraient pas que des faire-valoirs en poupées russes. Filmer Paris désert est une prouesse. C'est seulement dommage qu'on le sente autant.
Par Thomas Grascoeur
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