"Be
kind, rewind", c'est le nouveau film de Michel GONDRY sur les vidéastes amateurs qui font tout "avec du scotch et du carton". Comme dans ses précédents films, il y a des trouvailles et des
longueurs. Que les longueurs soient toujours les mêmes, ce n'est pas très grave, mais que les trouvailles se répètent, c'est plus gênant. Michel GONDRY, what else ? ça ne suffit peut être
plus.
L'histoire est enthousiasmante, mais on préfèrerait la vivre que la voir en film. Pour un hommage au cinéma, c'est ennuyeux. Restent les
bricolages amusants, qu'on peut voir de toute façon sur le site internet du film, sans se déplacer au cinéma. Et comme le meilleur de GONDRY, ce sont la pub et les clips, à quoi bon se
déplacer...
Soyez simpas, allez-y quand même !
par Thomas Grascoeur
3
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Un chef de bureau de poste du sud est muté dans le Nord... pour faute. La mort dans l'âme, il part à Beurg...
Une comédie plutôt hilarante, avec des envolées inattendues. Parfois un peu trop appuyé, mais la chasse aux clichés est ouverte ! Le cinéma
français a un nouveau duo comique, avec d'excellents seconds rôles... A voir ! En VO sans sous-titres.
par Thomas Grascoeur
8
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Philippe RAMOS signe
une vie imaginaire du Capitaine Achab, à partir de l'oeuvre de MELVILLE. Son enfance, et sa vie d'homme. Dès les premières images, le parti-pris esthétisant se fait lourdement sentir.
Heureusement, toute la partie de l'enfance d'Achab capte l'attention. On a l'impression que Philippe RAMOS a repris le postulat d'Antoine VITEZ, à savoir que la seule façon de combattre
le catholicisme est de s'approprier ses mythes fondateurs. Il s'appuie sur le personnage biblique d'Achab pour improviser l'histoire d'un enfant étouffé par un milieu traditionnel et
bien-pensant. Il plaque des musiques religieuses (Le Réquiem de Gabriel FAURE) sur des images profanes, et curieusement, on n'arrive pas à la conclusion que toute Foi est impossible,
mais plutôt, à la manière du centaure de PASOLINI dans son Médée, que "tout est saint".
Après quelques séquences universelles dans une forêt, paradis perdu, l'action s'encre dans une Amérique reconstituée, sur un mode symbolique. On
retrouve la critique de MELVILLE à l'égard de l'Amérique bien-pensante. Philippe RAMOS a également conservé la séquence extraordiniare où l'on découvre des ossements blancs de baleine sur une
grève immaculée.
Malheureusement, Achab adulte perd toute originalité : on retrouve les passages les plus marquants du roman, avec le symbole en moins. Et la mort
d'Achab sombre dans un enchaînement ridicule, qui alterne entre un cinéma réaliste mais esthétisant à la Pascale FERRAN, et du surréalisme subliminal à la Manuel de OLIVEIRA.
C'est peut-être le message ? Le film commence sur l'image du sexe d'une femme, comme matrice de vie. Mais cette femme est morte.
par Thomas Grascoeur
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Hommage au
Ballon rouge d'Albert LAMORISSE, Le Voyage du ballon rouge est un film aérien et lumineux. Hou Hsiao Hsien ne filme pas les choses, il filme l'air, les regards, la lumière, les
liens, les reflets. Un enfant regarde un ballon, le ballon reflète le ciel, une baby-sitter chinoise les filme, la mère de l'enfant visionne l'enregistrement, tout est jeu d'image et de
composition.
Les personnages sont filmés commes les marionnettes traditionnelles, avec la même vérité, la même justesse, la même émotion et la même fragilité. Les
comédiens, professionnels ou non, Juliette Binoche en tête, sont époustouflants de générosité. Chaque plan est presque une image abstraite à la délicatesse extrême, tellement lumineuse
qu'elle en deivent translucide. Le film se crée au fur et à mesure qu'on le regarde, comme si la vie elle-même était une oeuvre d'art.
L'important n'est pas ce qui saute aux yeux. Une photo, un article posé sur une table, un détail. "L'essentiel est invisible pour les yeux", dit
SAINT-EXUPERY, mais pas pour Hou Hsia Hsien.
par Thomas Grascoeur
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