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  • : Envie de continuer à parler des films la séance finie ? Envie d'aller plus loin, de partager ses coups de coeur, ses déceptions, ses attentes... Films à l'affiche, sortie DVD, grands classiques... Vite, parlons de cinéma !
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Vendredi 4 avril 2008

        Avec J'ai toujours rêvé d'être un gangster, Samuel BENCHETRITsigne un hommage au film noir, du cinéma muet à la Nouvelle Vague, mais aussi un film à sketches aux histoires croisées. Un braqueur raté, une otage suicidaire, des chanteurs à bout de course, un gang perdu... Entre burlesque et nostalgie, ce film révèle la candeur humaine.
        La forme est celle d'un film de gangsters, de durs, de truands, mais les personnages sont trahis par la réalité des choses et les braquages tournent court. Ils jouent des rôles qui les dépassent et cherchent à les jouer malgré tout, par habitude, sans trop savoir pourquoi mais parce qu'il faut bien vivre et parce qu'il faudra mourir. Perdus dans cette démesure formelle, ils réalisent que toutes ces choses familières qui les ont toujours entouré, ne leur ont jamais appartenu. Le monde se transforme sans eux, et ces rôles qu'ils tentent de jouer, ce n'est peut-être pas ce qu'ils sont vraiment. Ils découvrent leur profonde faiblesse et s'en effraient.
       L'unité du film, c'est cette dépossession et cette naïveté. C'est la quête de soi et des autres. C'est la confiance et l'inquiétude.        
        Dans ce film comme dans la vie, on est plus souvent du côté de celui qui attend que de celui qui agit. On regarde, on guette, on rit, puis on médite. Dans le registre de l'absurde, Aaltra était systématique et assez creux, dans celui de l'hommage au film noir, The Good German était grandiloquent et appuyé. J'ai toujours rêvé d'être un gangster trouve un ton unique, à la fois doux et triste, confiant mais désabusé. Sincère et profond comme un regard. Ou un sourire.

par Thomas Grascoeur
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Mardi 1 avril 2008
        Après Walk the line sur Johnny CASH, James MANGOLD signe un remake de 3h10 pour Yuma, cette histoire d'un fermier (Christian BALE) qui escorte un hors-la-loi (Russel CROWE) pour le mettre dans le train de... "3h 10 pour Yuma".
        Il y a les deux têtes d'affiches et le reste du bétail, le train (3h10, pas midi), les fusillades, quelques Indiens, la Bible (et un fusil), le shérif, quelques Chinois exploités... C'est un western, un vrai, un tatoué.
        C'est très bien fait. James MANGOLD a un sens incontestable du rythme de l'image et de la musique, il y a des renversements de situation stupéfiants, mais il n'innove pas, il démontre. Dans American Gangster, l'affrontement de deux hommes que tout oppose (mais qui finalement sont seuls à pouvoir se comprendre l'un-l'autre) était intéressant, parce qu'il était sorti de tout contexte moral ; Ridley SCOTT ne prenait pas parti.
        Dans 3h10 pour Yuma, on part d'un état établi de "bon"/"méchant" et on attend un renversement de situation qui se fait timide, comme si James MANGOLD sacrifiait à une morale (tout en nous affirmant qu'il s'en affranchit).
        C'est presque une réponse (mais très sérieuse) au délirant No country for old men des frères COEN : il y a le bon qui est attiré par l'argent mais est bon avant tout, le méchant qui tue (mais reste humain quand même)... Et le vieil homme, l'arbitre, c'est le public. Qui doit sortir édifié.... Ou moqueur. Mais en tous cas diverti.
par Thomas Grascoeur
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Vendredi 21 mars 2008

        Un homme apprend la mort de son fils dans un accident de voiture. Il cherche à découvrir les causes du drame et apprend que son fils suivait un traîtement à l'essai pour un laboratoire pharmaceutique.
        Le vrai problème du film, c'est celui de la vérité. Que peut-on vraiment comprendre et savoir de notre société et de soi-même? La première partie du film est traîtée comme un thriller ; Thomas VINCENT part de la réalité, puis il l'éclaire sous un jour alarmiste à la manière d'un film de science fiction, si ce n'est que le film se passe bien ici, maintenant, avant d'achever le tout dans une de synthèse enrichie de tous nos doutes. Il transforme notre regard, c'est là son génie. Il ne dénonce pas arbitrairement mais provoque la réflexion.
        La musique envoûtante de Krishna LEVY souligne parfaitement ce cauchemard éveillé, cette solitude existentielle, que Clovis CORNILLAC et Marie-Josée CROZE incarnent avec une justesse et un brio époustouflants.
        C'est un film de genre, certes, et pas des moindres, puisqu'à ses côtés le génial Frantic de POLANSKI fait figure de divertissement, mais c'est surtout un débat, une alarme, qui a la force d'une pièce de théâtre et ne sombre jamais dans une condamnation simpliste. 
        Ce nouveau protocole cache une nouvelle alliance, humaine, qu'il reste à fonder entre les hommes. Un chef-d'oeuvre.

par Thomas Grascoeur
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Jeudi 20 mars 2008

Les-femmes-de-l-ombre.jpg        Le nouveau film de Jean-Paul SALOME est plus réussi que son Arsène Lupin, mais ça, ce n'était pas le plus dur. Cette fois-ci, on est en pleine Seconde Guerre Mondiale, les Alliés préparent le débarquement et un réseau de femmes est formé pour sauver un aviateur anglais. Seulement voilà, leur mission les entraîne bien plus loin que ce qu'elles pensaient.

        C'est l'intrigue classique, prévisible, avec des contrastes, des courses-poursuites, des tortures, "du sang, de la sueur et des larmes", un méchant allemand qui, surprise, n'est pas mi-bon mi-méchant mais vraiment méchant-méchant. C'est un roman de gare qui se prend pour l'Armée des Ombres, y arrive parfois tant bien que mal, mais retombe vite dans une sorte de grande vadrouille sadique.

        Tout concourt au confort du spectateur, sentimentalisme, clair-obscur esthétique, et musique bien enrobante de Bruno COULAIS (le musicien des Choristes). On en vient à une fascination érotique (un peu angoissée quand même) pour la souffrance et la mort. C'est peut-être représentatif de notre société, mais ça ne semble pas être assumé.

        Pour les adeptes, le film est prenant, mais pourquoi nous faire croire que l'histoire est véridique ? C'est trop rocambolesque, trop proche de nous, pour être crédible. On croirait voir les extraits des films de guerre de 1960 à 2006 mis bout à bout, mais cette fois-ci avec des femmes dans les rôles principaux. C'est plus la virtuosité retenue du réalisateur et des comédiennes qui est mise en lumière, que l'histoire véridique des femmes résistantes, qui elles, restent bien dans l'ombre... 

par Thomas Grascoeur
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