Avec
Lady Jane, Robert GUEDIGUIAN retrouve le ville de Marseille pour une sombre histoire de meurtres. Pendant le premier quart d'heure,
l'intrigue semble classique, déjà vue, mais curieusement distante. En réalité, Robert GUEDIGUIAN installe une atmosphère sans compassion, où le spectateur ne peut se retenir qu'aux gestes
quotidiens des habitudes. La routine comme seul repère. Le climat préalable est celui de la vengeance, de génération en génération. C'est une vengeance familiale, une vendetta marseillaise ;
c'est aussi une transposition du Proche-Orient.
"Un homme qui cherche à se venger est comme une mouche qui se cogne à la vitre alors que la fenêtre est ouverte." Le film ne se cogne pas aux vitres, mais
il enfonce parfois des portes ouvertes... Même si la démonstration est parfois trop appuyée, cette évidence sincère marque et ressource, à la manière d'un voyage... En Arménie ?
par Thomas Grascoeur
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C'est à peu près le niveau du film de Fabien ONTENIENTE. Pourtant, un danseur de disco au Havre, a priori, c'est aussi incongru qu'un surfeur à
Nice...
La comédie lasse vite. Il y a des comédiens qui parlent des autres et des comédiens qui ne parlent que d'eux ; c'est peut-être la
différence. Pourtant, un vendeur de Darty en Normandie, c'est presque un postier du Nord ; mais Disco n'est pas parti pour battre les records d'audience de Bienvenue chez
les Chtis.
Franck DUBOSC, même s'il est très sympatique, se fait vite voler la vedette par sa partenaire Emmanuelle BEART, par les rôles secondaires
(Samuel LE BIHAN, Gérard DEPARDIEU et Isabelle NANTY en particulier), par les orchestrations de Michel LEGRAND, et aussi par les marques, omniprésentes, de Carrefour à Franck Provost,
qui font de Disco une publicité géante...
A noter la présence de Francis LALANNE, qui depuis Astérix aux Jeux Olympiques, est devenu un véritable détecteur de nanars... Une carrière à
suivre !
C'est prévisible, c'est gentil, ça fait sourire, mais bon... Avec Dany BOON, Jean DUJARDIN ou Kad MERAD, le rire est toujours là pour faire découvrir
quelque chose d'autre, un rêve, une angoisse... Dans Disco, non ; le dieu, c'est l'apparence, et l'homme est une chose comme les autres.
par Thomas Grascoeur
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Le premier long métrage de Justin CHADWICK, The Other Boleyn Girl, conte les amours d'Henry VIII avec Mary et (surtout) Anne BOLEYN. A part,
évidemment, le suspense (!), le principal mérite du film est de regrouper Scarlett JOHANSSON et Natalie PORTMAN pour les beaux yeux d'Eric BANA.
L'image est esthétique mais souvent saturée, la musique expressive mais omniprésente, les costumes symboliques (le vert... pour la jalousie peut-être),
fastueux, mais sans cesse arrachés. Pour la première partie, on dirait une adaptation d'un feuilleton Playboy par les studios Disney, le tout tourné dans un cloître de Harry POTTER avec l'héroïne
de Star Wars ; pour la seconde, c'est plutôt une version britannique de Angel, mais sans OZON ; pour la troisième, c'est à la fois Jeanne d'Arc, la chasse aux sorcières,
Marie-Antoinette, les fantômes des Fantômes de Goya qui ressurgissent...
L'ensemble est émouvant mais la vérité historique est aussi floue que certains plans, noyée dans un sentimentalisme un peu facile. La figure de Thomas
MORE disparaît totalement, alors qu'elle aurait ajouté un contraste historiquement vrai et profondément bouleversant. Il est vrai que Paul SCOFIELD, son interprète génial dans Un homme pour
l'éternité, de Fred ZINNEMANN, vient de mourir, et Charlton HESTON (son interprète au théâtre et à la télé) aussi... Et puis, dans un film glamour, Thomas MORE, c'est presque indécent.
Le film s'achève sur une image figée d'Elizabeth... Une invitation à voir la saga de Kate BLANCHETT ? Un peu cher pour une bande annonce.
par Thomas Grascoeur
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Dédiée à Robert ALTMAN, cette fresque de Paul Thomas ANDERSON couvre 30 ans de la vie d'un magnat du pétrole, en Californie, au début du XXe
siècle. Daniel DAY-LEWIS compose ce personnage abrupt et blessé avec une conviction incroyable, et Paul DANO, l'ado silencieux de Little Miss Sunshine, lui donne la réplique dans un rôle
à la Elmer GANTRY d'une force saisissante.
Le pétrole, le sang, le silence, la manipulation, le fanatisme, le langage. Ce film cache de multiples facettes et sonde les profondeurs humaines
au rythme des derricks. Des mares de pétrole reflètent le ciel, les silhouettes des hommes se découpent sur le feu, la lumière jaillit des halos de poussière. C'est un film de genre, un western,
mais c'est davantage encore un film psychologique, dont les résonnances politiques et sociales continuent de retentir aujourd'hui.
L'image est parfaite, la bande son splendide, peut-être un peu trop parfois, avec l'arrogance géniale d'un KUBRICK. Le titre reste une clef pour le
film, qu'on ne comprendra qu'a posteriori. Purification, sacrifice, vengeance, impuissance, châtiment ? En tous cas, il y aura du sang.
par Thomas Grascoeur
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