Les salles pullulent actuellement de films de gangsters et d'arnaques. Cash n'a pas forcément leur profondeur, mais il a du
panache. Reste à savoir si l'on préfère une adaptation discutable d'un excellent sujet, ou un scénario percutant, mais sans risques. Sans casse.
Tout commence par Clovis CORNILLAC et un tour de passe-passe. Eric BESNARD, scénariste du Nouveau Protocole, a réalisé avec Cash un
jeu de cache-cache entre escrocs et pigeons, acteurs et spectateurs. Casse, classe, cash; Jean DUJARDIN apporte le naturel de Brice, l'élégance d'OSS 117 et la vérité de
99F. Jamais on ne l'a vu jouer avec autant de sincérité, mais c'est pour mieux la casser. Cash.
par Thomas Grascoeur
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Whatever Lola wants, c'est l'histoire d'une jeune danseuse américaine qui part au Caire retrouver son amant, et découvrira la danse
orientale...
Un film français dans la pure tradition des comédies américaines. Le scénario laisse échapper des effluves d'eau de rose à chaque
rebondissement, et on se demande comment les Egyptiens pourraient vivre de manière civilisée (enfin, sexuellement libérée) sans une petite New-Yorkaise bien de chez nous.
Néanmoins, les comédiens sont tellement sincères qu'on est réellement ému ; le montage discret et rythmé d'Hervé de LUZE (le monteur de Roman POLANSKI)
fait presque oublier les maladresses, et la musique cosmopolite de Krishna LEVY (Le Nouveau Protocole) se hisse dans ses meilleurs moments au niveau d'un Joseph KOSMA.
Le film de Nabil AYOUCH est sauvé malgré lui, malgré les clichés, la faiblesse des dialogues, les redondances du scénario. Tout est prévisible, et
comme aurait dit Henri JEANSON, on est heureux d'avoir tout loisir d'"espérer dans la certitude".
Whatever Lola wants, she gets... Ou presque !
par Thomas Grascoeur
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Le réalisateur russe Sergeï BODROV a réalisé une
fresque épique à partir des récits légendaires de la vie de Gengis Khan et de sa femme. Mongol marche sur les traces de David LEAN pour son souffle lyrique, et de ZHANG Yimou
(particulièrement de Hero) pour ses scènes de combats et son symbolisme. HONGLEI Sun, un des deux acteurs principaux (tous deux remarquables), avait d'ailleurs joué le rôle du tout jeune
instituteur de The Road Home pour une des plus belles fables cinématographiques de ZHANG Yimou.
La photo est souvent splendide, mais recourt top souvent à des fontaines de sang (au choix, en ralenti ou en accéléré) quand elle n'arrive pas à
atteindre la virtuosité d'un Michael MANN ou d'un Terrence MALICK.
A l'amour et au sang vient s'ajouter une divinité, puisque le chef mongol, reclus dans la montagne, décide d'apporter des lois à son peuple (ne pas tuer ses
frères, payer ses dettes, obéir à son chef...) et de tuer tous ceux qui s'y opposeront, cette infraction temporaire à la loi trouvant sa récompense dans des lendemains meilleurs... que
le réalisateur se contentera de résumer en quelques lignes sur un fond de soleil levant. C'est un peu court pour un film aussi long. Identité d'un peuple, dictature, fanatisme...
Mongol s'achève sans que les idoles aient été brisées.
par Thomas Grascoeur
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Jean-Paul ROUVE a
peut-être toujours rêvé d'être un gangster, en tout cas il incarne Albert SPAGIARRI, qui avait réalisé le "casse du siècle" à la Société Générale (eh oui, déjà) dans les années 70, avant de
partir en cavale en Amérique du Sud.
Jean-Paul ROUVE est aussi le réalisateur de ce film, qui flirte plus ou moins ouvertement avec Mélodie en sous-sol d'Henri VERNEUIL. Des
piscines, des billets de banque, une prison, du soleil... Même si l'on entr'aperçoit Gérard DEPARDIEU, Jean GABIN est bien loin, et Alain DELON, que l'on ne fait que citer, refuse de
paraître.
Sans arme, ni haine, ni violence hésite sans cesse entre une comédie d'aventures et un biographie respectueuse. C'est filmé comme un thriller,
mais raconté comme une boutade. On en sait trop pour qu'il y ait vraiment du suspense, pas assez pour espérer des rebondissements (qui arriveront pourtant).
C'est dommage, en contraste avec l'élégance formelle des transitions et du générique extrêmement soignés. A noter la présence surprenante de Philippe
GIRARD, un comédien de théâtre extraordinaire, dans un rôle de figuration, au fond d'un égout... Cette mélodie-là est bien souterraine !
par Thomas Grascoeur
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